Istanbul en 4 jours — les mosquées, oui, mais surtout les rues
Carnet de voyage d'un printemps à Istanbul. Ce qu'on a mangé, ce qu'on a raté, les coins qui sortent des guides.
On est partis à Istanbul début avril, 4 jours, depuis Paris, sans plan détaillé. Juste un guide Routard qu'on a à peine ouvert.
Le truc qu'on oublie de dire sur Istanbul c'est que les mosquées sont magnifiques mais que ce sont les rues qui te restent. Les mille escaliers de Galata, les vendeurs de simit qui crient, le chat qui squatte le pas d'une porte, l'odeur du charbon des vendeurs de châtaignes.
Ce qu'on a vraiment fait
Jour 1 — Sultanahmet pour s'en débarrasser. Sainte-Sophie, Mosquée Bleue, Citerne-Basilique. Monumentale, surchargée, pas désagréable mais on expédie. Le soir, on marche jusqu'à Karaköy de l'autre côté du Pont de Galata — là on a dîné d'un sandwich au maquereau grillé sur le pont même, 60 TL. Ça n'a pas l'air mais c'était le meilleur repas du séjour.
Jour 2 — Galata et Beyoğlu. On a monté la tour de Galata (la queue est infinie le matin, on est venus à 17h, 20 min d'attente). Istiklal Caddesi est long et bruyant mais les ruelles perpendiculaires valent. On est tombés sur un petit bar à meze à Tomtom Kaptan Sokak où on a passé 2h sans croiser un seul touriste.
Jour 3 — Balat et Fener. Les deux quartiers qu'il ne faut pas rater. Maisons colorées, graffitis, petits antiquaires, brocantes, synagogues et églises orthodoxes côte à côte. On y a passé une journée entière. Un déjeuner mémorable chez Agora Meyhanesi (meze + rakı, 700 TL pour deux, chaleur d'un dimanche de famille).
Jour 4 — Kadıköy (côté asiatique). Ferry depuis Eminönü, 30 minutes, 30 TL. L'autre Istanbul — plus jeune, plus détendue, moins touristique. Le marché de Kadıköy vaut Fatih pour l'ambiance mais avec moins de monde. On a mangé du poisson frit tout simple au port.
Ce qu'on a mangé
- Simit au coin de la rue le matin (15 TL). Inratable, on en a pris un par jour.
- Pide (genre de pizza ovale) pour le déjeuner pas cher. Celui aux œufs et kavurma reste en mémoire.
- Meze à rakı le soir. On ne mange jamais mieux. Concombre-yaourt, aubergine fumée, feuilles de vigne, anchois marinés, calamars frits. Une fois qu'on a commencé on ne s'arrête plus.
- Poisson grillé sur le pont de Galata au coucher du soleil. Touristique mais joli.
- Menemen au brunch du jour 3. Œufs brouillés tomates-poivrons-fromage, le truc simple et parfait.
Les erreurs
- Le Grand Bazar à 14h un mardi : évitez. Écrasant, cher, rabattu. On y est restés 20 minutes.
- Le Bosphore en bateau touristique 2h : arnaque. Faites plutôt un ferry public vers les îles des Princes, même paysage, 1/10 du prix.
- Avoir pris un taxi à 6h du matin depuis l'aéroport. Le marin au métro (~40 min) marche très bien et coûte 30 TL.
Logistique
- Hôtel à Beyoğlu, pas Sultanahmet. Plus vivant, mieux desservi, et les touristes du coin sont là pour une autre raison que les mosquées.
- Istanbulkart dès l'arrivée. Recharger 150 TL pour 4 jours, ça suffit.
- Argent liquide : beaucoup d'endroits acceptent la carte mais les simit, les châtaignes, les petits bars sont cash. Retire 500 TL au DAB de l'aéroport, tu seras tranquille.
- Le mot d'arabe à apprendre avant de partir :
teşekkür ederim(merci). On ditmerhabapour bonjour. On entendkolay gelsinpartout (« du courage ») — ça fait chaud au cœur même quand on ne sait pas trop quoi répondre.
Ce qu'on y retournerait faire
- Rester une semaine entière au lieu de 4 jours
- Un hammam dans un vrai hammam de quartier, pas touristique (on en a repéré un à Fener, on reviendra)
- Les îles des Princes, une journée à vélo
- Plus de Kadıköy
Istanbul, c'est une ville qui récompense ceux qui marchent. On a fait 15 km à pied par jour sans s'en rendre compte — et c'est comme ça qu'on en garde quelque chose.